Motobecane 51 V 1978 : histoire, caractéristiques et guide d’achat
La Motobecane 51 V 1978 est le cyclomoteur utilitaire à moteur AV10 et variateur de la gamme 51.
- Sortie en 1978, elle remplace la Motobécane 50.
- Elle se distingue de la 51 S, privée de variateur.
- Son moteur AV10 refroidi par air succède à l’AV7.
- La vitesse est bridée à 45 km/h, seuil légal sans permis.
- Elle partage la gamme avec les 51 VS, VL et VLC.
- Son cadre acier monocoque facilite la restauration.
Histoire de la Motobécane 51 : sortie en 1978 et contexte Motobécane-MBK
La Motobécane 51 apparaît en 1978 pour remplacer la 50, dont la production s’achève en 1979. Ce changement de millésime marque une étape importante pour le constructeur, qui modernise alors sa gamme de cyclomoteurs.
Le contexte industriel est mouvementé : Motobécane a absorbé Vélosolex en 1974, et la marque doit faire face à la concurrence de la Peugeot 103. La 51 s’inscrit dans cette période charnière des deux temps Motobécane, qui court de 1921 à 1984.
La gamme originelle de 1978 comprend plusieurs versions : 51 S, V, VS, VL et VLC. Le modèle utilitaire 51V connaîtra une carrière prolongée, de 1985 à 2002, tandis que la 51 Trail reste produite de 1978 à 1980.
Caractéristiques techniques de la Motobécane 51 V (moteur AV10, partie cycle)

Moteur AV10 et transmission
- Moteur AV10 : succède à l’AV7, refroidissement par air
- Variateur présent sur la V : la 51 S en est privée
- Bridage légal à 45 km/h : conforme à la législation française
- Cycle deux temps : architecture Motobécane de 1921 à 1984
Le moteur AV10 équipe la 51 V dès sa sortie. Ce monocylindre deux temps refroidi par air remplace l’AV7 avec une culasse redessinée et une meilleure circulation des gaz. La vitesse de pointe bridée est fixée à 45 km/h, seuil légal pour rouler sans permis sur ce type de cyclomoteur.
La transmission repose sur un variateur présent sur toute la gamme sauf la 51 S. Ce variateur permet au moteur de monter dans les tours avant d’entraîner la roue arrière. Le démarrage se fait au kick, avec une chaîne secondaire classique. La version V se distingue par sa vocation utilitaire, robuste et simple à entretenir.
Cadre, partie cycle et équipement
La 51 V utilise un cadre acier monocoque avec un réservoir ovoïde intégré au tube diagonal. Cette architecture diffère de la série 50 par des amortisseurs arrière inclinés, qui améliorent le confort et la tenue de route. Les roues restent de petit diamètre, avec des pneus fins typiques des cyclomoteurs de l’époque.
L’équipement de série comprend un phare rond, une selle longue et des garde-boue en tôle. La 51 V ne dispose pas des clignotants de la VLC, réservée à un usage plus routier. Le cadre monocoque accepte bien les vibrations du quotidien et reste facile à réparer. Sa simplicité mécanique en fait une base idéale pour une restauration accessible aux débutants.
Acheter et estimer une Motobécane 51 V : cotes et annonces
Le prix d’une Motobecane 51 V dépend surtout de son état et de sa complétude. Un modèle roulant mais fatigué se négocie souvent autour de 200 à 400 euros, tandis qu’une machine restaurée avec carénages d’origine peut grimper au-delà de 700 euros. Méfiez-vous des annonces trop basses : une épave incomplète coûte souvent plus cher en pièces qu’un projet déjà sain.
Sur leboncoin, inspectez toujours la présence du variateur, des carters et du réservoir ovoïde. Une 51 V sans variateur n’est pas une V authentique. Vérifiez aussi que le cadre monocoque en acier n’est ni fissuré ni rouillé en profondeur, et demandez des photos du moteur AV10 démonté si possible.
Pour estimer juste, comparez plusieurs annonces récentes plutôt qu’une seule. Les modèles 1985 à 2002 en version utilitaire, plus récents, partent souvent moins cher que les premières séries. Négociez le transport et prévoyez un budget remise en route séparé, souvent 150 à 300 euros selon l’état de l’allumage et du carburateur.
Modèles et variantes Motobécane 51 : S, V, VL, Super, Magnum, Trail
Une 51 V de 1978 approche aujourd’hui la cinquantaine : elle reste loin du seuil de 30 ans qui ouvre droit à la carte grise collection, et une assurance classique suffit donc pour circuler.
| Variante | Années de production | Particularité technique | Usage |
|---|---|---|---|
| 51 S | 1978 et après | Sans variateur | Usage quotidien simple |
| 51 V | 1978 et après | Variateur, cadre monocoque acier | Utilitaire et loisir |
| 51 VS | 1978 et après | Variateur, finition supérieure | Loisir |
| 51 VL | 1978 et après | Variateur, équipement allégé | Utilitaire |
| 51 VLC | 1978 et après | Clignotants, variateur | Utilitaire, sécurité renforcée |
| 51 Trail | 1978 à 1980 | Pneus crantés, garde-boue haut | Chemins et tout-terrain |
La gamme 51 lancée par Motobécane ne se résume pas à un seul modèle. Dès le départ, le constructeur décline sa plateforme en plusieurs versions pour couvrir des usages très différents, du simple déplacement quotidien à la balade sur chemins. La 51 S fait figure d’exception dans la famille : elle se passe de variateur, ce qui la distingue immédiatement des autres variantes toutes équipées de cet élément. Son moteur transmet la puissance de façon directe, avec un comportement plus brut et une conduite qui demande un peu plus d’anticipation.
La 51 V se positionne comme le modèle polyvalent : son variateur lui permet de mieux gérer les relances et les montées, ce qui explique son succès auprès des utilisateurs utilitaires. La 51 VS ajoute une finition plus soignée, tandis que la 51 VL mise sur un équipement allégé. Quant à la 51 VLC, elle intègre des clignotants, un détail rare à l’époque sur une mobylette et précieux pour rouler en ville.
La 51 Trail, produite de 1978 à 1980, constitue une branche à part. Avec ses pneus crantés et ses protections relevées, elle vise clairement les chemins de terre et les sentiers. Face à la concurrence de la Peugeot 103, cette diversité de variantes permettait à Motobécane de couvrir un large spectre d’acheteurs. La 51 V restera finalement la seule survivante utilitaire dans la gamme, preuve de sa robustesse et de sa pertinence.
Pièces détachées et où s’approvisionner pour une Motobécane 51 V
Retrouver une pièce pour une Motobécane 51 V demande souvent un peu de méthode, car le modèle n’est plus fabriqué et le réseau de concessionnaires a disparu. La bonne nouvelle : la communauté de collectionneurs est active et la documentation d’époque a été largement numérisée. Voici les ressources incontournables pour sourcer une pièce, vérifier une référence ou documenter une restauration.
- Bibliotobec.org : scans des catalogues d’époque et vues éclatées de la 51
- Motobécane Club de France : motobecane-club-de-france.fr, annonces et entraide entre adhérents
- E-T-A-I 2006 (Barrabès) : ouvrage technique sur la mécanique Motobécane deux temps
- E-T-A-I 2008 (Barrabès) : suite documentaire, utile pour identifier les montages
- Ouest-France 2006 (Skyvington) : « My beautiful Mobylette », approche historique et pratique
Ces supports couvrent l’ensemble de la période des deux temps Motobécane, de 1921 à 1984, et permettent de recouper une référence avant d’acheter. Bibliotobec reste la première étape : on y trouve les catalogues 51 avec les éclatés de carénages, de carburateur et de variateur.
Documentation et scans d’époque
Avant de commander une pièce, vérifiez systématiquement la référence constructeur sur un scan de catalogue. Une pièce de 51 S ne se monte pas toujours sur une 51 V, notamment côté transmission (variateur contre prise directe). Les vues éclatées évitent l’erreur la plus fréquente : acheter un élément compatible visuellement mais pas mécaniquement.
Clubs, forums et entraide
Le Motobécane Club de France (motobecane-club-de-france.fr) regroupe des adhérents qui documentent les variantes, dont les modèles utilitaires produits de 1985 à 2002. C’est aussi un lieu d’échange de pièces rares : réservoirs ovoïdes, carénages spécifiques, allumages.
Ouvrages de référence
Trois livres publiés chez E-T-A-I et Ouest-France complètent utilement la documentation en ligne. Ils apportent le contexte historique et des conseils de remise en route pour les mobylettes Motobécane.
Restauration et remise en route d’une Motobécane 51 V
Avant toute chose, sortez le réservoir et inspectez-le. Deux écoles s’affrontent en effet sur son nettoyage : certains jurent par le Coca, d’autres par l’acide phosphorique. Cette dernière méthode est contestée par plusieurs restaurateurs, qui craignent d’attaquer le métal. Le choix dépend surtout de l’état de rouille intérieur.
Côté moteur, un nettoyage du carburateur, un réglage d’allumage et un contrôle du variateur suffisent souvent à relancer un AV10 resté dormant. Vérifiez aussi le faisceau, la bougie et la compression avant d’espérer un démarrage franc. Le forum du Motobécane Club de France regorge de retours d’expérience sur la 51V 1978, notamment une discussion de juin 2023 sur la remise en route.
Pour les carénages, privilégiez un démontage photographié étape par étape. Un nettoyage doux et une peinture d’origine conservée font souvent meilleur effet qu’une restauration too much. Prenez votre temps : rien ne justifie de précipiter un moteur deux temps qui a plus de quarante ans.
Identifier une Motobécane 51 V face à une 51 S : différences précises
Sur un parking de bourse d’échange, deux Motobécane 51 peuvent sembler identiques à première vue. Pourtant, la lettre qui suit le 51 change tout : elle détermine la transmission, l’usage d’origine et la rareté de la machine. Voici comment trancher rapidement entre une 51 S et une 51 V.
- 51 S sans variateur : transmission directe, unique exception de la gamme 1978.
- 51 V avec variateur : variation automatique par poulie motrice, plus souple en côte.
- Vocation utilitaire d’origine : la V était pensée pour le transport et les trajets quotidiens.
- 51V survivante dès 1985 : seule version utilitaire maintenue jusqu’en 2002.
Le variateur, marqueur mécanique décisif
Le moyen le plus fiable reste l’observation du bloc moteur côté gauche. Sur une 51 S, le carter de transmission ne laisse apparaître aucune poulie motrice à joue mobile : la courroie attaque directement le plateau. Sur une 51 V, le carter enveloppe un variateur dont le diamètre varie avec le régime, ce qui modifie le rapport de transmission en continu.
Cette différence ne se voit pas toujours capot monté. Un possesseur de S peut avoir monté un carter de V par commodité, donc fiez-vous au démontage plutôt qu’à l’esthétique. Le moteur AV10 équipe les deux versions, la distinction se joue uniquement sur l’embrayage et la poulie.
Vocation et équipement d’origine
La 51 V a été conçue comme utilitaire : porte-bagages renforcé, parfois clignotants et selle longue selon les millésimes. La 51 S visait au contraire une conduite simple et économique, sans recherche de polyvalence. La version 51V a d’ailleurs survécu seule à partir de 1985, quand les autres déclinaisons disparaissaient progressivement du catalogue.
En résumé : pas de variateur égale 51 S, variateur égale 51 V. Un contrôle sous le carter suffit à authentifier la machine avant achat.
